« Carnet de voyage »
Je survole le monde en créant sur mes toiles des passages qui sont autant de chemins verticaux, comme nos routes vues du ciel, comme le reflet des villes qui s’étirent vers le haut et nous poussent à quitter le sol.
S’abstraire de la forme en y incluant une perpétuelle empreinte de nous-mêmes est la cible vers laquelle je m’élance. Des visages, des corps, des ailes, s’immiscent sur ces voies comme le témoignage d’une présence humaine (ou surhumaine) laissant sa trace.
J’attrape les mots sur des morceaux de papiers et l’écho de nos cris comme celui de nos murmures s’inscrit vertical ou même horizontal et relance le regard. Je colle des papiers comme des morceaux de couleurs, et la peinture sur les papiers grave dans les chairs ce qu’il reste de notre mémoire.
Je retrouve l’enfance, mes jeunes dessins, et l’innocence d’un trait, d’une image qui dit juste ce qu’il avait à dire : je t’aime, je suis perdue, je t’appelle…
Je recherche cette liberté de ne rien dire de plus que les formes, les couleurs, le plaisir du rythme, qui coulent de haut en bas et leur laisser dire tout ce qu’ils contiennent des bruits d’aujourd’hui : de l’amour, de l’extase, des peurs, des appels… quelques mots et l’envie insolente de peindre ce monde en rose.
Puisqu’il y a noirceur, je l’affronte et je choisis sa lumière. novembre 2007.
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